10/04/2020
Les 8 façons dont les codes d’aéroport sont choisis: d’où viennent ces codes à 3 lettres
Les codes d’aéroport identifient un aéroport bien précis. Grands ou petits, tous les aéroports commerciaux ont un code qui leur est attribué. Même si vous êtes un voyageur expérimenté, vous ne savez peut-être pas grand-chose sur ces géocodes à 3 lettres, mais ils sont essentiels dans le monde du transport aérien.
C’est très intéressant si vous êtes intellectuellement curieux de nature, même pour ceux qui ne sont pas des geeks de l’aviation comme moi. Les origines de nombreux codes d’aéroport sont simples, mais certains ont des explications plus complexes que j’ai eu le plaisir de découvrir.
Puisque plusieurs d’entre vous se questionnaient après avoir lu notre article sur les 10 aéroports qui se démarquent dans le monde, voici la signification des codes d’aéroport, les 8 façons de les créer, et l’importance de les connaître.
Mais d’où viennent les codes associés aux aéroports
Le code à 3 lettres est l’identifiant déterminé par l’Association internationale du transport aérien (IATA), basée ici au Canada soit dit en passant.
Il y a un code unique pour chaque aéroport. Il est important de distinguer rapidement un aéroport précis plutôt que de s’embêter avec des identifiants longs non normalisés. Ce code est aussi très utile lorsqu’une ville possède plusieurs aéroports, ce qui est le cas de la plupart des grandes villes.
Par exemple, un vol vers « New York City » serait trop vague, et préciser « New York City – LaGuardia » chaque fois ne serait pas pratique. Ainsi, de nombreuses villes du monde partagent le même nom, et ce souvent au sein d’un même pays. Aux États-Unis, un vol vers « Portland » peut signifier la plus grande ville de l’Oregon ou la plus grande ville du Maine. Devoir spécifier « Portland, Oregon » est long et peu pratique.
C’est pourquoi les codes d’aéroport sont si utiles. Ils ont toujours 3 lettres et ne possèdent aucune ambiguïté (une fois connu bien entendu).
Pour ceux qui s’intéressent à l’origine des codes d’aéroport, dans les années 1930, les aéroports américains utiliseraient les codes de ville à 2 lettres du National Weather Service (NWS). Cependant, comme les voyages en avion sont devenus plus populaires, et vu le nombre croissant d’aéroports, y compris dans les villes sans code NWS, les codes à 3 lettres ont été adoptés. Après les années 1960, l’IATA a entrepris de définir un processus standardisé afin d’éviter toute confusion.
1. Le nom de la ville
Généralement, l’identifiant est choisi en fonction des trois premières lettres du nom de la ville, tel que AMS pour Amsterdam, SYD pour Sydney et MEX pour Mexico. Ce sont les plus simples.
2. Abréviations du nom de la ville
Le code d’aéroport peut également refléter une combinaison de lettres qui fait référence à la ville, comme JNB pour Johannesburg, HKG pour Hong Kong ou SFO pour San Francisco. Plutôt simple aussi.
3. Le nom de l’aéroport
Les deux premiers semblent logiques, n’est-ce pas? Mais qu’en est-il lorsqu’il y a plus d’un aéroport dans une même ville?
Dans ce cas, l’identifiant est choisi de différente manière, tel le nom de l’aéroport lui-même. Par exemple à New York, JFK représente l’aéroport John F. Kennedy, LGA représente LaGuardia et EWR représente Newark. Dans certains cas, les codes proviennent du nom de l’aéroport au lieu du nom de la ville, même si la ville n’a pas plusieurs aéroports.
Dans certaines villes avec plusieurs aéroports, le plus ancien a conservé le nom le plus évident, tandis que le plus récent représente le nom de l’aéroport. C’est le cas pour HOU et IAH, l’aéroport international de Hobby à Houston et l’aéroport intercontinental George-Bush de Houston (ordre des lettres inversé).
Enfin, quand il y a un aéroport clairement plus grand / plus important, il obtient le nom le plus évident, comme IST pour Istanbul, tandis que le second obtient un autre code, comme SAW pour l’aéroport international Sabiha Gökçen.
4. Les lettres ajoutées
Pour diverses raisons, de nombreux aéroports utilisent des lettres ajoutées pour compléter leur code à 3 lettres. Un bon exemple est LAX. Étant donné qu’à l’époque les codes d’aéroport n’avaient que 2 lettres, l’aéroport de Los Angeles était LA. Lorsque le code à 3 lettres a été implanté, il était plus simple d’ajouter la lettre de remplissage X à la fin.
Un autre excellent exemple est celui de DUB qui a été choisi pour Dublin en Irlande, obligeant ainsi Dubaï à choisir DXB. La magnifique ville croate Dubrovnik a eu le même problème. Ils ont ainsi opté pour DBV, une abréviation logique du nom de la ville, tel qu’expliqué en numéro 2.
5. Les noms historiques
Certains identifiants conservent le nom de la ville utilisé autrefois.
Ceux qui connaissent moins l’histoire d’un pays peuvent alors avoir du mal à en comprendre l’origine. Par exemple, la ville de Mumbai en Inde s’appelait autrefois Bombay. C’est pourquoi son code d’aéroport est toujours BOM, ce qui n’a rien à voir avec le mot Mumbai. Guangzhou en Chine a le code CAN car la ville se nommait auparavant Canton. Même chose en Russie pour Saint-Pétersbourg et son code LED; la ville s’appelait jadis Leningrad.
C’est également le cas pour les codes qui proviennent du nom de l’aéroport plutôt que le nom de la ville. L’un des aéroports les plus fréquentés au monde est l’aéroport international de Chicago O’Hare, dont le code ORD n’a rien à voir avec le nom: l’aéroport s’appelait auparavant Orchard Field, et c’est de là que vient le code. L’aéroport le plus fréquenté à Orlando porte le code MCO, car il s’agissait avant de la McCoy Air Force Base. Enfin, le code de la Nouvelle-Orléans est MSY, car c’était autrefois le Moisant Stock Yards.
6. Les villes multiples
Parfois, un aéroport dessert plusieurs villes et opte simplement pour un code reflétant cela. Il y a par exemple MSP pour l’aéroport de Minneapolis-Saint Paul, DFW pour l’aéroport de Dallas-Fort Worth et LBA pour l’aéroport de Leeds-Bradford. D’autres sont nommés pour désigner des régions entières, comme RSW à Fort Myers, en Floride, pour Regional Southwest.
7. L’emplacement de l’aéroport
Certains codes proviennent du nom de la banlieue ou de la municipalité où se trouve un aéroport, plutôt que du nom de la ville qu’il dessert. Je vous ai déjà donné mon opinion sur les lignes imaginaires dans les « villes », vous pouvez donc deviner à quel point je pense que ces codes sont scandaleux, bien qu’indispensables dans le cas de plusieurs aéroports.
Les codes des deux principaux aéroports de Tokyo, HND et NRT, proviennent du nom des villes où ils ont été construits, Haneda et Narita. Il peut également s’agir d’une combinaison de noms de villes et de banlieues, comme LHR pour l’aéroport de Londres-Heathrow.
Ainsi, le seul aéroport de Bucarest porte le code OTP, qui signifie Otopeni, la ville où se trouve l’aéroport. Un autre exemple est CVG, qui est le code de l’aéroport de Cincinnati, car il est situé dans la ville de Covington.
8. Autres
Ces 7 pratiques expliquent la grande majorité des codes d’aéroport dans le monde.
Ce qui nous amène au Canada, où il n’y a tout simplement pas d’explication rationnelle aux codes. La plupart des codes d’aéroport au Canada commencent par la même lettre: Y. Aucun autre pays au monde ne possède un identifiant qui représente près de 4 % de l’alphabet.
Pourquoi donc? Eh bien, ça remonte aux années 1930, lorsque certains codes étaient utilisés pour les stations d’observations météorologiques ou les émetteurs radio. Comme mentionné ci-dessus, les codes étaient composés de 2 lettres, donc Vancouver était VR. La lettre Y a été choisie comme lettre ajoutée devant chacun. Plusieurs croient que c’est pour le mot « Yes », qui approuvait qu’une station météorologique définie soit également un aéroport, d’où YVR.
Au moins, celui-là est quelque peu lié au nom de la ville. La plupart des autres ne le sont pas du tout: YYZ pour Toronto, YUL pour Montréal, YYT pour Saint-Jean de Terre-Neuve, une belle façon de nous compliquer la vie Canada. Il n’y a qu’une seule exception: ZBF pour Bathurst, un petit aéroport comme je l’ai écrit dans notre article sur les taxes d’aéroport au Canada. Quelques codes commençant par Y ne sont pas situés au Canada, mais il n’y en a pas beaucoup.
D’autres parts, certains endroits se soucient réellement de leurs codes d’aéroport. Puisqu’ils ne voulaient pas utiliser MAL (ce qui signifie « mauvais » en espagnol), Malaga, en Espagne, a préféré opter pour AGP.
Un autre identifiant très étrange est celui de Panama City, en Floride. Le code ECP a été choisi parce que l’endroit est une destination très populaire pour les jeunes en relâche et où Everyone Can Party (ce qui signifie « tout le monde peut faire la fête » et non, ce n’est pas une blague). Certains n’ont pas été intentionnellement choisis pour être drôles, mais font toujours rire beaucoup de gens, comme F*K à Fukuoka ou SUX à Sioux City.
Voici un petit dernier qui est unique en son genre, j’ai nommé MCI à Kansas City, autrefois appelé Mid-Continent International Airport. Reste à savoir si l’aéroport a été nommé en l’honneur d’une compagnie aérienne qui y était située (Mid-Continent Airlines), ce qui est peu courant, ou encore pour la position géographique de Kansas City au milieu du continent, ce qui est tout autant inhabituel.