22/09/2026
QUI EMMÈNERA NOS PARENTS SE SOIGNER DEMAIN ?
Bonjour, moi c’est Marcel. Mon père est taxi conventionné et depuis que je le vois travailler, il y a quelque chose qui me dérange profondément dans la façon dont on parle de cette profession…
On parle beaucoup de ce qu’elle coûte. Beaucoup moins de ce qu’elle tient debout.
Parce qu’un taxi, dans une partie de la France, ce n’est pas simplement quelqu’un qu’on appelle pour aller à la gare.
C’est celui qui arrive à 6h30 devant une maison de village pour emmener une dame à sa chimiothérapie, qui sait qu’elle marche moins bien depuis quelques semaines, qui prend son sac, l’aide à monter et qui reviendra quelques heures plus t**d pour la ramener chez elle!!
C’est celui qui emmène Monsieur Dupont en dialyse trois fois par semaine et qui, au bout de deux ans, connaît ses enfants, ses inquiétudes, ses bonnes nouvelles et probablement une partie de sa vie.
Et ça, désolé, mais ce n’est pas juste conduire une voiture.
En 2024, 6,5 millions de patients ont bénéficié d’un transport pris en charge par l’Assurance Maladie.
Et les taxis, contrairement aux VTC très concentrés dans les métropoles, restent particulièrement présents dans nos territoires ruraux.
Alors parfois j’ai envie qu’on arrête deux secondes de regarder uniquement la facture.
Parce que si demain le taxi du village disparaît, qui emmènera nos parents se soigner ?
Qui fera 50 kilomètres à 7h du matin pour aller chercher quelqu’un devant sa maison ? Qui reviendra l’après midi ? Qui continuera à le faire trois fois par semaine quand la famille travaille et que les transports en commun ne répondent pas au besoin ?
Et surtout, qui remplacera cette présence humaine ?
À l’approche de 2027, la profession va encore connaître des changements importants, avec notamment la géolocalisation certifiée prévue pour les taxis conventionnés. Des inquiétudes sur les modalités de son déploiement ont d’ailleurs été portées jusqu’à l’Assemblée nationale.
Alors dans les mois qui arrivent, regardons les faits, regardons les décisions proposées et regardons ce qu’elles changent réellement pour ceux qui exercent ce métier.
Et pas seulement pour les taxis.
Parce qu’en France, nous avons des petites professions, des indépendants, des artisans, des gens qui connaissent leur territoire et leur métier depuis parfois plusieurs générations.
Ce sont aussi nos savoir faire. Notre patrimoine vivant.
Et oui, être taxi est un savoir faire. Conduire des heures, connaître son territoire, organiser l’impossible, accompagner une personne fragile, savoir quand parler et quand se taire, parfois suivre le même patient pendant dix ans.
Moi je suis fier quand je vois mon père faire ce métier.
Et j’aimerais simplement qu’avant de découvrir la valeur de certaines professions le jour où elles ne sont plus là, on apprenne à les regarder pendant qu’elles existent encore.
Parce qu’un jour, ce ne sera plus « un patient » assis derrière.
Ce sera peut être votre père. Votre mère. Ou vous.
Et ce jour là, la question sera toute simple :
Qui viendra vous chercher ?
Alors les amis, soyons fiers de nos métiers, de nos savoir faire et de tous ceux qui continuent de faire vivre nos territoires face aux géants industriels.
Notre patrimoine ne se protège pas quand il disparaît. Il se protège maintenant.
Alors partagez, relayez, faites savoir. C’est ensemble qu’on fera entendre nos métiers.
👉 🇫🇷