02/07/2025
Chers Docteurs,
Merci pour ce mot affiché avec autant de tendresse administrative qu’un contrôle fiscal surprise. Quel bonheur de découvrir qu’en 2025, la médecine humaniste a laissé place à une gestion comptable des corps en souffrance ! Ah, la poésie glaciale du mot “non systématique”, qui transforme le malade en suspect et le médecin en guichetier grincheux.
Nous saluons bien bas votre zèle à appliquer les consignes de la Sécu, surtout lorsqu’elles s’accompagnent de primes sonnantes et trébuchantes. Car il serait tout de même dommage que vous vous contentiez du modeste serment d’Hippocrate, quand une carotte bien placée vaut tellement plus qu’une conscience professionnelle.
“Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination…”
Sauf s’il faut signer un bon de transport. Là, on respecte surtout le portefeuille.
On applaudit cette belle évolution de la médecine : autrefois, on accompagnait les malades dans leur parcours de soins, aujourd’hui on leur explique, d’un ton compatissant et une affichette plastifiée, qu’ils marcheront. Ou qu’ils prendront le bus. Ou qu’ils paieront. L’essentiel, c’est de ne pas compromettre les objectifs “transport” du mois. Ne laissons pas une chimiothérapie ou une IRM gâcher votre bonus trimestriel, voyons.
Alors bravo, chers médecins gestionnaires ! Continuez à prescrire au mérite, à diagnostiquer au budget, et à soigner au quota. Le serment d’Hippocrate ? Un vieux PowerPoint à oublier dans un tiroir.
Mais surtout, n’oubliez pas : si un jour, vous devenez vous-mêmes patients… priez pour tomber sur un médecin moins cupide que vous.
Avec toute notre ironie et un soupçon d’indignation bien méritée.