04/03/2026
A l'occasion du 8 mars, nous mettons à l’honneur celles qui tracent leur route.
Aurelie Voisin est conductrice poids lourds chez Blochon Martin depuis 2023. Originaire de Caen, elle a choisi une vie faite de routes, de défis et de découvertes.
Depuis l’adolescence, elle rêvait de ce métier, inspirée par son père qui fut routier. Mais ce n’est qu’à 35 ans qu’elle ose se reconvertir. Une fois son examen Titre Professionnel Porteur obtenu, convaincue d’avoir enfin trouvé sa voie, elle quitte un emploi pour se lancer pleinement dans cette nouvelle aventure. Et tant p*s si elle n'a pas de revenu pendant quelques mois.
Avec l’accompagnement de Blochon Martin, elle obtient ensuite son permis Super Poids Lourd et démarre sa nouvelle carrière dans l'entreprise.
On lui a posé quelques questions pour en apprendre plus sur elle, son métier, son ressenti :
- Qu’est-ce qui te plaît et te passionne le plus dans ton métier ?
Ce que j’aime, c’est l’accès à des lieux hors du commun : des chantiers complexes, des sites industriels, des zones habituellement fermées au public. Chaque mission a un côté unique. J'aime aussi rouler et découvrir des paysages et des régions ainsi que les rencontres avec les collègues, les équipes sur les chantiers ou dans les restaurants routiers. Je me sens importante, utile, c’est très valorisant.
- As-tu rencontré des obstacles en tant que femme dans ce métier ?
Pendant ma formation, j’ai entendu dire que « la fille n’aura pas son permis ». Finalement, j'ai obtenu mes permis du premier coup ! Sur une note plus amusante, il arrive que des chefs de chantier me disent au téléphone : « Tu diras à ton chauffeur d'y accéder par là. » Ma réponse : « C’est moi, le chauffeur. »
- À quoi ressemble une journée sur la route ?
Les journées commencent tôt. Après la préparation du véhicule et du trajet, direction les chantiers. Entre chargement, livraison, arrimage, organisation des accès et anticipation des missions suivantes, il faut être rigoureuse et autonome.
Chaque journée demande de l’adaptation : aucune ne se ressemble vraiment.
- Un trajet marquant ?
Un convoi entre la Belgique et Toulouse pour un chantier Airbus reste un moment fort : un long trajet et la satisfaction de contribuer à un projet.
- Les gens sont-ils étonnés quand tu leur dis que tu es conductrice ?
J’aime faire deviner mon métier aux personnes que je rencontre. J’en parle avec plaisir, j’ai enfin trouvé un métier dans lequel je suis épanouie. Ils sont souvent curieux, car ils connaissent peu notre quotidien.
- Quels conseils donnerais-tu à celles qui souhaitent se lancer ?
Il faut foncer et ne pas se fier aux idées reçues des médias ou aux discours extérieurs. Le mieux est de se faire sa propre opinion.
- Comment vois-tu la place des femmes évoluer dans ce métier ?
Aujourd’hui les femmes sont déjà bien acceptées, cela progresse activement. Les mentalités changent et les entreprises aussi. Les compétences prennent de plus en plus le pas sur les stéréotypes. Les métiers dits masculins nous sont aujourd’hui accessibles grâce à l’évolution du matériel et à des entreprises comme Blochon Martin, qui nous accueillent, nous forment et nous font confiance sans faire de différence.
Alors si un métier vous attire, osez.
- Quelle est ta chanson préférée pour conduire ?
Mes goûts musicaux varient selon l’heure et la difficulté du trajet : on peut passer de Céline Dion à Evanescence, puis finir la journée avec Sniper. Heureusement que je suis seule dans le camion… vu mes talents de chanteuse !
- Pour finir, as-tu une anecdote marquante à partager ?
En rentrant de semaine, on a toujours une histoire à raconter, il y a forcément un moment inattendu. Par exemple, lors de mon tout premier convoi exceptionnel, j’ai crevé au bout de 200 mètres. J’ai dû manœuvrer dans une petite cour en attendant le dépanneur.
Merci Aurélie pour ce témoignage passionnant et rempli de détermination : tracer sa route, c’est possible pour toutes.