12/10/2020
Tribune d’un taxi :
Description de notre situation
Tous nous exploitons , une autorisation de stationnement. L’activité de taxi ne peut s’exercer sans cette ADS dite « licence » elle est dans nos règlements obligatoire.
Nous utilisons ce droit, soit par la location, le salariat ou l’acquisition à titre onéreux. Celle-ci nous confère le droit de prise en charge de la clientèle sur notre zone géographique de rattachement.
Cela peut paraître anodin, mais en analysant ce que l’achat ou l’obtention de cette ADS confère, on peut en vérifier tous les bienfaits ainsi que notre volonté indéfectible de ne jamais abandonner face à la volonté de nos détracteurs, de nous voir petit à petit disparaître du paysage du transport de personnes.
En effet, pour nombre important d’entre nous, l’accès à l’achat de sa licence est l’aboutissement d’un travail acharné.
Cela commence par une première étape la formation et la réussite à l’examen d’aptitude professionnelle de chauffeur de taxi, peut-être premier sentiment de fierté pour ceux dont c’est le premier examen réussi ou ceux également dont la maîtrise de la langue est encore imparfaite mais qui contribue à l’intégration sociale.
Seconde étape, les débuts dans le métier et son apprentissage s’effectuent souvent en tant que locataire d’une licence. Ce statut complique cette période de démarrage, par l’incertitude de pouvoir honorer le coût de cette location.
Mais qui par réaction fait germé le projet d’achat de son ADS. La location, alourdit la tâche de ceux dans l’incapacité financière à l’acquisition.
Pour tous ceux ayant commencé leur carrière en partant de rien, l’accès à la propriété représente énormément de travail et d’investissement personnel et familial. Donc une fierté de réussite personnelle, professionnelle et sociale. Ceux issus des dits « quartiers » ( comme moi ), peuvent utiliser la maxime : avoir pris l’ascenseur social.
Notre réglementation permet en cas de manquements ou fautes professionnelles la suspension ou le retrait de notre certificat de capacité ( permis taxi) ou de notre ADS. Ces différentes dispositions sur nos autorisations, nous différencies des VTC, car nous menacent de tout perdre et nous incitent aux bonnes pratiques.
Notre introspection n’a pas été mené dans sa totalité et nous nous devons d’apporter des modifications, des nouveautés réglementaires et technologiques.
Depuis quelques années, les nouveaux acteurs, plateformes de mises en relation vtc et leurs chauffeurs,
nous concurrencent avec, une tarification libre et fluctuante au gré de l’offre et la demande, pour nous tarification fixée par arreté ministériel,
ne respectent pas la réglementation les obligeant au retour à leur domiciliation déclarée après chaque course effectuée, pour nous verbalisation car détectable facilement par la police,
une incapacité des plateformes à vérifier l’identité du conducteur utilisant l’application,
L’impossibilité aux forces de l’ordre à contrôler le respect de la bonne pratique des chauffeurs vtc, visuel extérieur quasi nul,
Les chauffeurs vtc peuvent exercer et cumuler cette activité à un premier emploi, pour nous interdiction d’autres activités professionnelles,
Une importante majorité ont un statut administratif avantageux fiscalement,
Le turnover important des chauffeurs vtc avec le statut d’auto-entrepreneurs favorise le dumping social.
Le prix du kilomètre sous vendu par les plateformes, et donc attractif auprès de la clientèle, est basé sur toutes les irrégularités pré citées.
Et maintenant, après cette fragilisation de nôtre activité depuis des années,
Le COVID 19, Avec l’arrêt des voyages touristiques et d’affaires, vient donc compromettre notre métier de taxi déjà très affaibli par la concurrence déloyale des plateformes vtc.
Nous sommes donc LIBRE et cela plus que jamais,
libre de vous transporter chers passagers,
libre d’exprimer notre colère envers un gouvernement ne faisant pas respecter les lois votées à l’assemblée nationale,
libre de nous organiser à ajuster notre corporation aux besoins de demain,
libre et déterminer à ne pas disparaître avec le projet du sans chauffeur.
LIBRE de défendre nos investissements et notre métier becs et ongles.
Et libre aussi de présenter des solutions pour protéger la profession ainsi que ses chauffeurs.
GENEST O.
Octobre 2020