11/10/2026
ET SI ON ARRÊTAIT ENFIN DE NOUS METTRE DANS DES CASES ?
Quand je regarde ce qui se passe actuellement dans notre société, les manifestations, les débats, les réactions sur les réseaux sociaux, il y a quelque chose qui me frappe de plus en plus: cette manie de vouloir absolument mettre tout le monde dans des cases !
* Tu participes à une manifestation ? Tu es forcément de gauche.
* Tu es indépendant ? Tu es forcément de droite.
* Tu critiques une intervention policière ? Tu es contre la police.
* Tu dénonces le comportement de certains manifestants ? Tu es contre les jeunes.
Mais STOP, à un moment donné !
Depuis quand faut-il absolument choisir un camp pour avoir une opinion ?
On peut défendre le droit de manifester sans cautionner tous les comportements. On peut respecter les policiers sans approuver chacune de leurs interventions.
On peut partager certaines idées de gauche, d'autres de droite, sans pour autant devoir appartenir à l'un de ces camps.
Et surtout, on peut simplement réfléchir par soi-même !
Mais ce qui me dérange encore davantage, c'est que nous ne nous contentons pas de mettre les autres dans des cases. Nous nous enfermons aussi nous-mêmes dans des schémas que la société nous a appris à considérer comme normaux.
Prenons le travail, par exemple, pendant des générations, on nous a appris qu'il fallait étudier, travailler, produire, être performants, être rentables.
Et quand certains osent remettre ce fonctionnement en question, on entend immédiatement :
« Les jeunes - cette fameuse GenZ - ne veulent plus rien faire ! »
« Nous, on a toujours travaillé comme ça ! »
« De notre temps, on ne se plaignait pas ! »
Ah, les jeunes d'aujourd'hui !
Heureusement que les générations précédentes ont toujours été exemplaires et n'ont jamais rien remis en question !
Mais sérieusement...
Quand des jeunes s'interrogent sur leurs conditions de travail, quand on questionne des journées scolaires en France qui peuvent s'étendre de 8 h à 18 h, pourquoi faudrait-il systématiquement leur répondre que les générations précédentes ont connu la même chose ?
Et alors ?
Ce n'est pas parce qu'on a accepté quelque chose pendant des décennies que c'était forcément juste, bon ou souhaitable !
Et c'est là que j'en viens à ce qui me dérange profondément dans notre fonctionnement: àquel moment avons-nous commencé à considérer qu'un être humain devait avant tout être rentable ?
Nous sommes devenus des travailleurs, des consommateurs, des contribuables, des chiffres, des statistiques...
Il faut produire, consommer, contribuer à la croissance, être efficace, comme si notre existence devait avant tout servir au bon fonctionnement d'un système économique.
Mais enfin, nous ne sommes pas des pions économiques !
Nous sommes des êtres humains, avec nos émotions, nos besoins, nos envies, nos limites, nos différences, notre individualité.
Bien sûr qu'une société a besoin d'une économie et d'une organisation collective. Mais depuis quand cela signifie-t-il que notre valeur devrait se mesurer à notre productivité ?
Et ce qui me frappe, c'est que nous sommes parfois les premiers à défendre ce modèle, simplement parce qu'on nous a appris qu'il était normal. Nous reproduisons ce que nous avons connu. Nous jugeons ceux qui osent faire autrement. Et nous finissons par imposer aux générations suivantes les mêmes contraintes que celles que nous avons acceptées.
Mais pourquoi faudrait-il continuer à vivre d'une certaine manière simplement parce qu'on nous a toujours dit que c'était comme ça ? Et surtout, pourquoi faudrait-il donner une couleur politique à cette question ?
Je ne cherche pas à défendre la gauche contre la droite, les jeunes contre les vieux, les manifestants contre la police.
Ce que je questionne, c'est un fonctionnement de société dans lequel, à mes yeux, l'être humain passe beaucoup trop souvent après les considérations économiques et les oppositions entre groupes.
Et ce constat ne devrait appartenir à aucun parti. Parce qu'avant d'être de gauche, de droite, jeune, vieux, salarié, indépendant ou sans emploi, nous sommes des personnes à part entière et notre valeur ne dépend ni de notre appartenance à un groupe ni de notre rentabilité.
Alors, si on arrêtait de vouloir constamment mettre les autres dans des cases!!
Et surtout, si on arrêtait de rentrer nous-mêmes dans celles qu'on nous a construites!!
Parce qu'au fond, être libre, ce n'est pas seulement pouvoir choisir entre les options qu'on nous propose. C'est aussi pouvoir remettre en question les règles du jeu.