26/04/2026
50 €. C’est tout. Pour 3 mois. C’est ce que le ministre des Transports, M. Tabarot, propose aux taxis français face à la hausse du carburant.
Permettez-moi de vous mettre en face des réalités.
Un taxi dans les Alpes consomme en moyenne 600 litres de carburant par mois. Depuis le début de la guerre en Iran, c’est 300 € de surcoût mensuel qui s’est ajouté à nos charges. Sur 3 mois : 900 € de pertes supplémentaires.
L’aide proposée : 50 € au total.
Ce que l’on oublie souvent : nos tarifs sont fixés par l’État, chaque début d’année. Nous n’avons aucune possibilité de répercuter la moindre hausse. Et sur les transports de malades, qui représentent une part essentielle de notre activité, nous appliquons des remises allant jusqu’à 50 % dans le cadre de la convention avec l’Assurance Maladie.
Un taxi parcourt en moyenne 100 000 km par an. Nous sommes des professionnels essentiels, notamment en zone rurale et de montagne, là où aucune autre offre de transport n’existe.
Mais au-delà des chiffres, il y a quelque chose de profondément injuste dans cette proposition.
Les taxis ont toujours répondu présent aux côtés de la population dans les moments les plus sombres. Lors des conflits. Lors des attentats de Paris, où ils ont transporté gratuitement les victimes dans la nuit. Durant le Covid, où ils ont assuré le transport de nos soignants gratuitement, et celui de nos malades sans relâche, souvent sans masques, au péril de leur propre santé.
Jamais une plainte. Toujours au poste.
Et pourtant, jamais de reconnaissance de la part de nos dirigeants. Jamais.
50 € face à 900 € de surcoût, c’est une insulte à une profession qui a toujours été là quand la France en avait besoin.
Il ne faudra pas s’étonner si, à un moment donné, la colère monte.