04/08/2026
Lettre ouverte – Navettes fluviales : un choix logique, pas un luxe
À l’approche de la saison 2026, une question essentielle demeure sans réponse claire : les navettes fluviales de la grande région de Montréal seront-elles au rendez-vous cet été?
Cette incertitude, qui se répète d’année en année, est devenue difficile à justifier. D’autant plus que tout indique que ce service fonctionne. L’achalandage est en hausse constante, les usagers sont au rendez-vous, et les bénéfices sont concrets : réduction de la congestion, diminution des émissions, amélioration de la qualité de vie.
Bref, le transport fluvial n’est plus une expérimentation. C’est une solution qui a fait ses preuves.
Et pourtant, son avenir repose encore sur des décisions ponctuelles, souvent prises à la dernière minute. Cette approche fragilise non seulement l’exploitation du service, mais envoie aussi un signal contradictoire aux citoyens : on encourage des alternatives durables... sans leur offrir de stabilité.
Dans la région de Lanaudière, cette situation est particulièrement préoccupante. Les citoyens de Repentigny, de Charlemagne et de L’Assomption vivent quotidiennement les limites du réseau actuel. La congestion routière y est une réalité persistante, et les options de transport collectif vers Montréal demeurent insuffisantes.
Dans ce contexte, le fleuve représente une voie naturelle, sous-utilisée, et pourtant pleine de potentiel.
Assurer la pérennité des navettes fluviales existantes est une première étape incontournable. Cela implique un financement stable, prévisible, et intégré à la planification globale du transport collectif. Tant que ce service sera considéré comme un projet temporaire, il restera vulnérable.
Mais il faut également avoir l’ambition de développer ce réseau.
La mise en place d’une liaison directe entre Repentigny et le Vieux-Port de Montréal constituerait une avancée majeure pour des milliers de citoyens. Une telle connexion permettrait de relier efficacement l’est de la couronne nord au cœur économique et touristique de Montréal.
Pour les travailleurs, ce serait une alternative rapide, fiable et agréable. Pour la collectivité, ce serait un levier concret de réduction de la pression sur les axes routiers déjà saturés. Pour le Québec, ce serait un geste cohérent avec ses engagements en matière de transition énergétique.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce type de projet n’a rien d’utopique. Il s’appuie sur des technologies existantes, des modèles éprouvés ailleurs, et une demande bien réelle ici même. Il s’inscrit dans une vision moderne du transport collectif, où l’innovation passe aussi par une meilleure utilisation de nos ressources naturelles.
Dans ce dossier, le leadership politique sera déterminant.
Nous interpellons directement François Legault, député de L’Assomption. Monsieur le Premier ministre, vous êtes particulièrement bien placé pour comprendre les besoins de cette région que vous représentez.
Vous avez aujourd’hui l’occasion de poser un geste structurant, à la fois concret et porteur pour l’avenir.
Assurer la continuité des navettes fluviales et soutenir le développement d’une liaison vers le Vieux-Port, ce n’est pas simplement répondre à une demande ponctuelle. C’est reconnaître que le fleuve Saint-Laurent peut et doit jouer un rôle central dans notre mobilité collective.
C’est aussi envoyer un message clair : celui d’un gouvernement capable de transformer des projets pilotes en services durables.
Au-delà des chiffres et des considérations techniques, il y a une réalité simple. Des milliers de citoyens cherchent des solutions pour se déplacer autrement. Ils sont prêts à adopter des modes de transport plus durables. Mais pour cela, encore faut-il que ces options existent... et qu’elles soient fiables.
Aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour passer à l’action. La demande est là. Les bénéfices sont connus. Les partenaires municipaux sont mobilisés.
Il ne manque qu’une décision.
Faire du transport fluvial un pilier du réseau collectif québécois serait un choix logique, cohérent et tourné vers l’avenir. Et pour la région de Lanaudière, cela représenterait un gain réel, tangible, et attendu depuis longtemps.
Ce serait également, pour le gouvernement et pour vous personnellement, Monsieur le Premier ministre, un geste significatif.
Un geste dont les citoyens se souviendront. Un geste qui laisserait une empreinte durable. Et un très beau legs.